S'il n'est pas question de revenir sur les aménagements déjà en place bien que certains soient contestables, il n'en demeure pas moins qu'il faille rester vigilants afin que les espaces encore protégés ne soient pas peu à peu envahis par des installations touristiques mal adaptées ou sur dimensionnées.
La France possède le premier parc de remontées mécaniques au monde (environ 4 000 installations), idem pour son domaine skiable. Les investissements des stations sont en hausse : 1,2 milliards € depuis 5 ans, ainsi que leur bénéfice net qui se chiffre à près 73 millions € pour 2003. S'il est compréhensible que deux petites stations veuillent se relier afin d'être viables économiquement il est plus difficilement admissible de voir des liaisons s'ouvrir entre des stations déjà volumineuses. Est-ce vraiment utile ou bien est-ce surtout un argument publicitaire afin d'attirer toujours plus de clientèle ?
De nouvelles remontées sont construites chaque année mais leur nombre est cependant inférieur aux rénovations d'appareils existants pour lesquelles la procédure est beaucoup moins contraignante que pour une création. Des autorisations d'équipement sont accordées dans ou aux abords de sites naturels particulièrement sensibles avec des effets traumatisants pour la nature surtout quand il s'agit d'aménagements pour l'enneigement artificiel.
Il est ainsi préférable de rénover les équipements déjà existants, de diversifier les activités des petites et moyennes stations et de réparer au mieux les dégâts subis sur les domaines skiables en débarrassant la montagne des déchets laissés par les skieurs et par les sociétés de remontées mécaniques, et en réengazonnant afin de rendre un visage acceptable à la montagne estivale.
Pour agrandir ou créer des liaisons mécaniques, les exploitants doivent déposer un dossier d'UTN (Unité Touristique Nouvelle) étayé par une étude d'impact. Si celui-ci est accepté l'opération d'aménagement peut débuter. Certaines d'entre elles sont controversées car elles empiètent sur des zones protégées. Pour qu'elles puissent avoir lieu il arrive que des secteurs soient déclassés en échange du classement d'autres zones.
De nombreux paramètres sont à prendre en compte lors de la création de nouvelles stations ou de nouvelles liaisons :
_ problématique d'espace : on ouvre de nouveaux secteurs vierges à la fréquentation humaine
_ problématiques environnementale : éventuelles atteintes parfois irréversibles
au milieu et aux paysages
_ problématique économique : est-ce que le projet sera économiquement rentable, maintiendra-t-il l'emploi au pays, vers qui iront les bénéfices économiques produits (locaux, exploitants extérieurs, grandes compagnies touristiques ?)
_ conflits d'usages avec, par exemple, la disparition d'exploitations agricoles, d'élevage ou d'activités de nature.
Il ne s'agit pas de dire « non » à toute opération quelle qu'elle soit mais de veiller à ce que les lois en matière d'environnement, d'aménagement, d'urbanisme et d'espaces protégés ne soient pas bafouées en vertu d'intérêts économiques à court terme. Il faut à la fois prendre en compte les intérêts sociaux mais aussi les intérêts de la nature.
Pour en savoir plus :
1. Neige éternelle ? la neige artificielle en question, LMA, 1/2003