RefugesL'AigleNouveau refuge de l'AigleLa dynamique de l'HistoireLe refuge de 1910 à gauche, qui est toujours le refuge actuel au centre, et la modélisation du nouveau refuge à droite
La Fédération française des clubs alpins et de montagne a entrepris depuis 1998 la réhabilitation du refuge de l’Aigle (Hautes-Alpes). Motivé notamment par des impératifs de sécurité, ce projet –qui a fait l’objet d’une large concertation–, répond en tous points aux exigences éthiques, techniques et environnementales d’un site emblématique. Construit en 1910, l’Aigle figure parmi les refuges historiques des Alpes. A l’instar de Vallot, que la FFCAM a réhabilité récemment avec succès, ce bâtiment, intégré au site de la Meije, est un symbole fort de l’histoire de l’alpinisme. Néanmoins, il est confronté au travail du temps : un diagnostic technique a établi le vieillissement de bon nombre de parties du refuge, ainsi qu’une usure de ses structures porteuses. De manière unanime, les experts indiquent très clairement que ce refuge, à terme, est condamné. Soucieuse d’améliorer l’accueil du public, les conditions de vie du gardien, et de se mettre en conformité avec les normes de sécurité, la FFCAM, avec son club de Briançon, a inscrit ce bâtiment dans les projets du plan Etat-Région 2000-2006. Toutes les étapes du processus ont intégré des valeurs chères à la FFCAM : concertation, préservation de l’environnement et prise en compte dynamique de l’Histoire. Le concours d’architecte a été mené dans la plus totale transparence, au cours de l’année 2003, en association étroite avec les partenaires concernés par la réhabilitation : Parc national des Ecrins (sur lequel se situe le refuge), Mairie de La Grave, Conseil général, service départemental d’architecture, guides, gardiens… Le projet du Cabinet Félix Faure a été retenu en 2004. Il prévoit une reconstruction du bâtiment sur le site même où les anciens avaient bâti à l’origine. Le « nouveau » refuge de l’Aigle, de par ses multiples analogies, s’inscrit dans une profonde filiation avec l’ancien. Son aspect extérieur reprend homothétiquement celui de son prédécesseur et il intègre de nombreux éléments de l’ancien bâtiment (notamment une partie du dortoir). C'est donc une mise en valeur des aspects culturels de ce refuge qui accompagnera chaque phase de sa réhabilitation. Cette dernière se déroulera dans le plus strict respect du site, du paysage, avec un impact écologique maîtrisé : monté en seulement cinq jours sur place, réversible en laissant très peu d’empreinte environnementale, l’Aigle sera construit en KLH, un matériau en bois très écologique. Le choix, déterminant, de rebâtir sur le site même, et de ne pas construire un deuxième bâtiment en contrebas du premier, permet d’éviter un suréquipement de la montagne. Il contribue aussi à juguler la sur-fréquentation d’un site sensible, fragile. Enfin, il évite que l’ancien bâtiment, relégué au rang de simple abri non gardé, regardé comme un pur objet de nostalgie, disparaisse bel et bien de l’Histoire. Ces faits contredisent totalement une campagne publicitaire de désinformation menée par une association en janvier 2008 dans Montagnes Magazine (N°325) et Alpes Magazine (N°109). Cette dernière a déposé un recours contre le permis de démolir, qui a été rejeté le 5 décembre 2007 (un pourvoi en cassation a été déposé).C’est donc un Aigle bien vivant, digne descendant de son ancêtre, que la FFCAM propose à la communauté montagnarde… Le 19 janvier, France 3 a consacré son émission "Chroniques d'en haut" à l'Aigle. Un film de Claude Andrieux, qui nous emmène partager un bout de la saison 2007 au refuge. |