Santé Montagne

Prévention

La maladie de Lyme

 

La maladie de Lyme ou borréliose de Lyme est causée par une bactérie-spirochète (Borrelia Burgdorferi). Les vecteurs habituels sont des tiques du genre Ixodes qui transmettent la maladie par leur salive lors de la morsure. Les espèces animales réservoirs peuvent héberger Borrélia et la transmettre à une tique : rongeurs, oiseaux, sangliers, renard, cervidés mais aussi bovin, cheval, mouton.
On dénombre environ 300 nouveaux cas par an, principalement dans le quart Nord-Est de la France, surtout pendant la période d’activité maximale des tiques, entre le début du printemps et la fin de l’automne.
L’infection débutante est l’érythème migrant localisé qui est généralement rouge ou violacé. Tous les adeptes des loisirs en forêt doivent savoir qu’un placard rouge, peu gênant, qui guérit spontanément, impose une consultation chez leur médecin traitant. En effet, la « guérison » spontanée cache une évolution qui peut donner dans les années suivantes des troubles généraux graves, en particulier des arthrites. Et le stade précoce de l’érythème migrant est le seul moment où on peut stopper cette évolution par un traitement antibiotique adapté.

Les efforts de prévention visent à empêcher les morsures de tique en forêt :
         _ Par le port de vêtements couvrants, d’un chapeau à larges bords, de manches fermées aux poignets, de chaussures montantes, de bas de pantalon fermés (guêtres). 
         _ Par l’utilisation de répulsifs. Le Di-ethyltoluamide (DEET) est efficace pour les concentrations supérieures à 30%. Seulement en cas d’infestation massive du lieu de promenade. 
         _ Au retour de forêt, empêcher la transmission de la maladie après morsure de la tique : en inspectant minutieusement toute la peau à la recherche d’une tique avant qu’elle n’ait pu transmettre la maladie par sa salive.

L’extraction de la tique est facilitée par le crochet O’TOM : engager la fente du crochet contre la peau, à la base de la tique, en l’abordant par le côté, soulever, et tourner le crochet « comme avec un tournevis ».

Jean-Michel LORNET

La leptospirose

La leptospirose est une maladie infectieuse mondiale, à prédominance tropicale, qui touche en France environ 300 personnes par an. Les bactéries responsables sont disséminées par les urines des animaux malades ou porteurs sains et peuvent survivre plusieurs mois, pourvu que le milieu leur soit favorable par son humidité, sa température douce et sa situation à l’abri du soleil : dans les flaques, les rivières, les canaux, les fossés, les tunnels.

Les animaux atteints ou porteurs de la maladie sont surtout les rongeurs (rat, ragondin…), mais les animaux de compagnie (chien…) et les animaux d’élevage (vache, cheval…)sont des sources potentielles de contamination pour l’homme.
L’homme contracte la maladie au contact des eaux contaminées, la pénétration des bactéries se faisant par projection d’eau dans les yeux, le nez ou la bouche. La peau saine fait écran aux bactéries mais la peau lésée (égratignures, piqûre d’hameçon…) ou macérée (au fond des bottes) est perméable aux bactéries. La baignade, la pêche, les loisirs nautiques (canoë-kayak, rafting, canyoning…) sont autant de circonstances où le risque de contamination existe. Des symptômes rappelant ceux de la grippe, fièvre, courbatures, en été ou au début de l’ automne, après que l’on ait récemment travaillé ou joué dans l’eau douce, doivent faire penser à la leptospirose et doivent faire consulter son médecin traitant.

Pour se protéger de la leptospirose :
        _ Si l’exposition est forte (tout ou partie du corps longuement immergée (pêche…), les équipements de protection individuelle sont indiqués : bottes, cuissardes, gants, …). 
        _ Après tout contact avec des eaux suspectes, toujours se laver le plus tôt possible avec l’eau du réseau. Eviter à tout prix la macération de la peau dans les bottes.
        _ Ne pas immerger une plaie cutanée 
        _ Ne pas se baigner aux mêmes endroits que les ragondins
        _ La vaccination protège des formes les plus graves mais l’immunité est de courte durée et les rappels de vaccination se pratiquent tous les deux ans.

Jean-Michel LORNET

Plus d’info :
Rapport du groupe de travail du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France 
Plaquette d’information du Ministère de la santé
Fiche technique de l’INMA

Montagne et coeur

 

Si l'exercice en montagne présente des dangers pour les sujets insuffisants cardiaques et/ou pulmonaires, il peut avoir un effet bénéfique chez les patients après infarctus du myocarde ou après chirurgie cardiaque. On sait que le maintien d'une activité physique régulière, progressive, contrôlée, réduit statistiquement le risque de récidive d'un accident  cardiovasculaire. La marche en montagne, très valorisante psychologiquement, peut répondre à cette demande.

Il faut pour cela motiver les patients après rééducation, mais ce sont souvent d'anciens alpinistes ou randonneurs ravis de retrouver leur environnement montagnard. Les randonnées en montagne se font en surveillant l'adaptation à l'effort et à l'altitude par des encadrants médicaux. Nous constatons que si la montagne n'est pas dans sa pratique adaptée aux insuffisants cardiovasculaires méconnus ou non traités, elle peut être un excellent moyen de rééducation après traitement sous un suivi médical régulier et rigoureux, rendant aux sujets porteurs d'une séquelle cardiovasculaire, un certain plaisir de
vivre et de se revaloriser.

Dr Jean-Pierre Vignat